ECOFOURMI

Gérer la maltraitance

Dans les Accueils de Vacances et de Loisirs, nous sommes parfois, en temps qu’animateur, confronté à des enfants ayant subis des actes de maltraitance (physique, psychologique ou sexuelle). Notre rôle et notre devoir est alors de les signaler, d’autant que la Loi nous oblige à signaler “dès le moindre soupçon” sous peine de rentrer sous le cadre de la non assistance à personne en danger.

 

En tant qu’animateur, il n’y a qu’une seule et unique procédure à suivre, celle de prévenir son directeur. Ce sera à lui, ensuite de faire remonter le signalement auprès des services concernés.

Mais attention à ne pas tomber dans la parano. Une accusation de maltraitance est une accusation grave qui entraîne une procédure lourde auprès de l’enfant, la famille, le voisinage. Il est donc bon d’en parler en équipe, d’observer, mais jamais de mener sa propre enquête. D’ailleurs, une fois le signalement fait, l’enquête suivra son court sans jamais tenir au courant ni les animateurs, ni le directeur.

 

Mais en Accueils de Vacances et de Loisirs, la maltraitance peut aussi exister à travers le non respect des rythmes de vie, les punitions, les brimades, la malnutrition, les coups, une inadaptation des aménagements, une privation, une exclusion, une violation de la vie privée…

- Non respect des rythmes de vie: lever tôt, coucher trop tard, pas de possiblité de se reposer dans la journée, activités trop physiques pour des enfants fatigués...

- Punitions: sanctions bêtes et méchantes, privations, faire des lignes, des tours de la cour, mise au coin...

- Brimades: humilié un enfant avec une punition, lors d'une activité, d'une veillée, se moquer de lui ouvertement ou faire en sorte que les autres se moquent de lui... Il est bon de réfléchir aux conséquences, au fait d'obliger les enfants à participer ou non à une activité, un jeu, pouvant le mettre en difficulté...

- Malnutrition: repas inadaptés, privations...

- Coups, maltraitance physique... Toute atteinte physique est interdite en Centre même si l'on entend encore, malheureusement, certains parents nous dire de "ne pas hésiter" s'il n'écoute rien !

- Inadaptation des aménagements: comment l'enfant peut-il évoluer sereinement si les aménagements ne sont pas accessibles, s'ils présentent un danger... Dans un Accueil maternel par exemple, il ne faut pas hésiter à se mettre à genoux et à s'y déplacer afin de se rendre compte dans tous les aménagements mis à disposition sont réellement à la portée des enfants...

- Privations: de nourriture, de jeux...

- Exclusion: mise à l'écart volontairement d'un enfant, ou aucun suivi, aucune communication avec un enfant qui se met à l'écart de lui-même...

- Violation de la vie privée: en ouvrant son courrier, en partageant son colis de bonbons sans son accord "réel", en gérant son argent de poche sans lui demander son avis... On peut avoir pour ce dernier point un rôle éducatif, un rôle de conseil, jamais un rôle de décideur !

 

 

Il est donc important de réfléchir en équipe à notre rôle, notre fonctionnement, aux punitions mises en place (sont-elles utiles, à quoi servent-elles ?), aux repas servis et notre attitude face aux enfants qui ne mangent pas…

Pour les punitions par exemple, dans mon Centre, j'ai mis en place une sorte de “permis à point”: à chaque bêtise, l'enfant “récolte un point”. Au bout de trois dans la même semaine, il est puni... il devra alors dessiner (ou écrire pour les plus grands) ses trois bêtises puis les expliciter à un animateur. La punition devient alors éducative et surtout,  permet à l'enfant de comprendre et dialoguer...

 



08/12/2011

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