ECOFOURMI

La vie quotidienne

Voici quelques réflexions autour des différents moments de la Vie Quotidienne dans les Accueils de Vacances et de Loisirs.

Tous les moments de la Vie Quotidienne devraient être pensés et réfléchis en équipe (direction et animateurs), tant sur la place de chacun que sur les aménagements mis en place pour l’accompagnement des enfants vers l’autonomie. Certaines décisions seront imposées par la direction (qui défend des valeurs), d'autres seront négociées en équipe.

 

AUTOUR DES REPAS

Les repas sont des moments privilégiés d’échange et de découverte. D’échange, à condition de se positionner sur la place de chacun (un animateur par table ou tous les animateurs ensemble ?), et sur le fait que les enfants puissent, ou non, s’exprimer (quand nous sommes à table, devons-nous faire le silence ?). Il est aussi bon de réfléchir à l’aménagement pour leur permettre ces évolutions.

Les repas aussi sont des moments de découverte, par le biais de nouveaux plats, par les échanges, par les relations.

Concernant les repas, l'équipe devra se questionner sur leur façon de faire. Les enfants doivent-ils goûter à tout, sont-ils forcer de finir leur assiette, sont-ils simplement invités à goûter ? Autant de question où il est bon de se positionner dès les réunions de préparation.

Le repas devrait être pour l'équipe de direction l'occasion d'incorporer de nouveaux plats, de nouveaux produits et pourquoi pas de sensibiliser les enfants à la notion de nourriture, d'agriculture, de respect de l'environnement… En allant chercher avec eux les produits sur le marché où à la ferme par exemple… Ou encore en confectionnant avec eux les plats.

La restauration bio est tout à fait possible en collectivité, et pas forcément plus chère, comme on peut encore le croire. A ce sujet, le site repasbio donne de nombreuses solutions.

 

AUTOUR DE LA SIESTE ET DU SOMMEIL

Le moment de la sieste est très important. Pour tous, mais surtout pour les plus petits. Mais de là à les y forcer… il serait plus judicieux de mettre en place un aménagement permettant à chacun, quelque soit son âge, de se reposer dès qu’il le souhaite... Et de se lever, en toute autonomie, quand il est reposer (avoir des repères, pouvoir trouver ses affaires facilement, savoir où aller par la suite, sans réveiller les copains !).

Pour les plus petits, nous pouvons les accompagner vers le sommeil, lire une histoire, et leur rappeler que la sieste n'est pas une punition, comme cela reste encore trop souvent le cas…

Dans de nombreux centres, un animateur est réquisitionné pendant tout le temps de la sieste pour surveiller… Pourquoi puisque les enfants dorment ? Est-ce que l’on reste toute la nuit dans les chambres des enfants pendant les colos ?

De ce fait, cet animateur pourrait s’occuper autrement : pause, préparation, réunion… Tout en assurant une surveillance par intermittence pour rassurer ceux qui se réveillent, même si tout doit être mis en place, en amont et dans un aménagement réfléchi, pour que l'enfant puisse se lever seul, être autonome, tout en sachant où trouver ses animateurs ou leur groupe.

C’est identique en accueil de vacances. Les enfants doivent avoir connaissance des lieux où ils peuvent trouver leur animateur référent, l’assistant sanitaire ou le directeur, y compris en pleine nuit, que ce soit dans la salle de réunion ou dans une chambre.

Il faut également réfléchir au rythme de sommeil.

Les enfants ont-ils la possibilité de se lever quant ils le souhaitent avec la mise en place d’un levé échelonné ?

Et pour le coucher ? Là aussi, pourquoi, avec les plus grands (dès 12 ou 13 ans par exemple), ne pas mettre en place un coucher échelonné, voire libre (ce que j'ai testé dans mes centres), tout en les accompagnant dans cette autonomie afin qu’ils apprennent à gérer leur rythme propre. Le Centre est un lieu d'expérimentation et d'apprentissage. Serons-nous toujours derrière eux pour le coucher dans leur vie ???

 

AUTOUR DU TEMPS CALME ET DES ACTIVITES

Le temps calme, à quoi sert-il ?

Nombre d’animateurs ne le savent pas et ne le font que « parce-que cela se pratique partout » ou que s'est imposé par la direction. Ils oublient que c’est un moment très important pour la digestion et qu’il ne faut surtout pas s’exposer à des activités physiques ou au soleil.

Mais le temps calme, ou les activités, doivent-ils être des moments obligatoires, avec des horaires fixes, comme à l’école ? Un enfant peut-il ne rien faire ; ou ne rien faire de ce qui est proposé ?

Qui propose les activités ? Nombre de centres prétendent laisser le choix à l’enfant en leur proposant trois ou quatre activités différentes; certains poussant la pratique à proposer à chaque fois : une activité physique, une activité manuelle, une activité pour les petits, une activité pour les grands…

Mais les enfants ont-ils vraiment le choix ? Que font-ils si les trois ou quatre activités ne leur plaisent pas, sans parler que quelquefois encore, des animateurs (ou la direction ???) veulent absolument le même nombre d’enfant dans chaque activité, pour qu’il n’y ait pas de jaloux !

Les enfants sont en vacances, ils doivent donc pouvoir proposer leurs propres envies et idées, avoir à leur disposition toutes les informations concernant le budget ou les activités et sorties possibles autour de la structure, avoir la possibilité de ne rien faire, ou rien de ce qui est proposé !

Et puis, la Loi oblige un animateur pour 12 enfants dans le centre (pour les plus de 6 ans), soit, pour 40 enfants, au minimum, 4 animateurs. Mais il s’agit d’une réglementation pour les sorties ou “au global” dans le Centre. Cela implique qu’un animateur peut être seul avec 3 enfants (parce-que l'activité le nécessite), un autre avec 18 (parce-que l'activité le lui permet), et que deux enfants restent “seuls” car aucune activité ne leur convient ou alors, parce-qu'ils ne veulent rien faire !

 

Bien entendu toutes ces réfléxions doivent tenir compte du contexte et de la réalité du terrain. Il s'agit d'idées et d'un fonctionnement à mettre en place le plus souvent possible. Toutefois, parfois, cela reste impossible, faute de moyens, d'animateurs recrutés en nombre insuffisant (taux d'encadrement maximum pour le nombre d'enfant), où lors de sorties où tout le groupe est obligé d'y aller... et où donc l'enfant n'a plus vraiment d'autre choix que de suivre. Mais tout cela doit rester le plus rare possible.

 



08/12/2011

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